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Le Gabon est situé au centre-ouest de l’Afrique. Sa superficie est de 267.667 Km2 ; sa population, officiellement, de 1.980.000 habitants (Banque Mondiale, 2016).

Il produit le pétrole depuis 1957, soit trois ans avant son indépendance. Aujourd’hui, il est le 5ème pays producteur de pétrole en Afrique subsaharienne. Sa production était de 11,92 millions de tonnes en 2015, soit environ 230.000 barils/jour. Cette production était en hausse de 8,6% par rapport en 2014. Au terme de l’année 2017, la production de pétrole brut était de 10,503 millions de tonnes, contre 11,485 en 2016.

En raison de l’exploitation du pétrole et de la faible population du pays, le Gabon a toujours compté parmi les États africains présentant le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant le plus élevé. La logique aurait voulu que dans ces conditions, les conditions de vie des gabonaises et des gabonais soient parmi les meilleures en Afrique subsaharienne, or il n’en est rien.

 

 

Selon le rapport sur le développement humain du PNUD de 2014, le Gabon est classé 112ème sur 187 pays.

Le rapport final de la Stratégie d’Investissement Humain au Gabon (SIHG), commandé par Bongo Ondimba Ali (BOA) au Cabinet McKinsey, durant son premier septennat, et livré en décembre 2013, montre que le Gabon présente aujourd’hui un bon niveau de développement humain, le quatrième en Afrique et le 1er en Afrique Subsaharienne quand on considère le revenu par habitant et le niveau d’urbanisation. Le même rapport apporte tout de suite un bémol en précisant que cet Indice de développement Humain élevé s’accompagne d’inégalités persistantes au sein de la population et d’un net décrochage sur un certain nombre d’indicateurs sociaux.

D’après ce même rapport, les chiffres clés de la pauvreté au Gabon sont les suivants : 30% des foyers sont économiquement faibles (FEF) ; 55% de ces foyers sont situés dans six départements urbains et 45% en milieu rural. La situation des FEF est aggravée par un accès limité aux services sociaux et publics de base. 60% des départements sont en décrochage en termes d’accès aux minima sociaux et aux infrastructures de base et 70% des villages sont enclavés. Par ailleurs, la télévision et la radio couvre moins de 70% du territoire.

L’Enquête Démographique et de Santé (EDSG) réalisée en 2012, la deuxième après celle de l’an 2000, indique qu’en milieu rural 51% de la population s’approvisionne à une source d’eau non améliorée contre 98% en milieu urbain. Près d’un ménage sur six (16%) doit consacrer 30 minutes ou plus pour s’approvisionner en eau de boisson. Le régime de BOA ne vivant que de mensonges, la réalité est toujours pire que ce qui figure dans les rapports officiels.

Bongo Ondimba Ali (BOA) est arrivé au pouvoir par des élections volées, avec répression de populations après son père, Bongo Ondimba Omar, qui a dirigé le pays pendant 42 ans, du 2 décembre 1967 au 8 juin 2009 (date de son décès). Il a remis le couvert en 2016, avec encore plus de violence et une fraude des plus grotesque dénoncée par tous les rapports des observateurs internationaux (Union Européenne, Organisation Internationale de la Francophonie, Union Africaine).

 

Le projet de société de BOA en 2009, s’intitulait « L’avenir en confiance ». Il promettait à l’époque de faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025.

En 2009, quand BOA accède au pouvoir, la dette du Gabon représente environ, 18% de son PIB. Mais, pendant que le prix du baril du pétrole augmentait, pour dépasser les 100 dollars le baril entre 2010-2012, la dette du Gabon n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui elle a atteint 64% du PIB. Le Gabon n’arrive plus, non seulement à rembourser cette dette, mais il n’arrive même plus à assurer ses charges de fonctionnement. Dernière solution, faire appel au Fond Monétaire International (FMI).

Et aujourd’hui, alors que l’argent de la rente pétrolière et des autres revenus du pays, n’a pas servi à améliorer les conditions de vie des populations, mais qu’il a été exagérément détourné par BOA et ses sbires, ce sont les fonctionnaires gabonais qui doivent aujourd’hui trinquer pour soi-disant relancer l’économie du pays.

La tragédie gabonaise est qu’en dépit de ses revenus très élevés, la population est extrêmement pauvre et le pays se retrouve avec une dette colossale qui ne peut s’expliquer que par la mal gouvernance, la gabegie, mais surtout la kleptocratie qui caractérise le régime des Bongo père et fils.

Même si on parle d’une baisse de la production pétrolière constatée et prévisible du fait du caractère non renouvelable de cette ressource, les revenus du pays sont encore suffisants pour que le train de vie des gabonaises et des gabonaises soit nettement supérieur à celui qui leur est imposé aujourd’hui.

Nous avons choisi de nous battre pour que justice soit rendue au peuple gabonais et que ses bourreaux en cols blancs soient simplement chassés du pouvoir parce que c’est là la seule chose qu’ils méritent et c’est la seule issue pour le redressement du Gabon. Ces gens ont pillé pendant 50 ans, ils continuent de le faire aujourd’hui. Ils ne changeront pas parce qu’ils en sont simplement incapables. Les détournements de deniers publics, la maltraitance du peuple gabonais sont l’ADN de leur régime. Mais, le peuple aura le dernier mot.

#Onnelâcherien.

 

Références

Ndong Laurence, 2016. Gabon, pourquoi j’accuse… Paris : Éditions L’Harmattan

Ministère de la Planification, 2012. Enquête Démographique et de Santé du Gabon (EDSG).

Stratégie d’Investissement Humain du Gabon, 2013. http://visiongabon.com/wp-content/uploads/2017/02/06-Strategie-Strateegie_Nationale_de_Developpement_Humain.pdf

https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/edito_26_auge_la_baisse_des_cours_ok_protege_0.pdf

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/429231

https://www.agenceecofin.com/hydrocarbures/0103-54832-le-gabon-a-produit-10-5-millions-de-tonnes-de-petrole-en-2017

http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr14-report-fr.pdf

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3 commentaires

  1. Bonjour Docteur Laurence NDONG! Félicitations pour cette bonne analyse sur la situation économique et sociale de notre pays. Je vous encourage et vous soutient pour ce combat: La liberté économique et sociale du Gabon.

  2. Merci, chère compatriote pour ton engagement à défendre le droit du peuple gabonais !
    Mais, je dirais plutôt pour la fin de ce texto, que les illégitimes au pouvoir au Gabon depuis 2009 ne veulent absolument rien faire pour le bien de cette nation. Il œuvrent ardemment, en utilisant même des moyens mystiques, à conduire notre pays dans une véritable déchéance politique, économique et sociale.
    On ne peut expliquer autrement l’échec d’un groupe d’hommes et de femmes, apparemment sains d’esprit, à gérer une aussi faible population avec des moyens financiers et humains aussi important que ceux du Gabon (on a eu pendant des décennies l’un des PIB par habitant les plus élevé du continent). C’est à comparer avec un chasseur visant sa cible (un éléphant) et qui la manquerait à une distance d’un mètre.
    Leur échec est voulu et programmé.
    Ainsi, ma question serait de savoir ce qui peut motiver la méchante attitude de BOA en contre partie du salut que le pays à consenti à lui accorder en l’arrachant du mouroir biafrais?
    Je ne puis avoir qu’une réponse : la sorcellerie !!!
    Dieu merci, les ténèbres ne régneront pas toujours sur notre nation!!!!

  3. Au Gabon , dire la Vérité et marcher dans l’intégrité c’est vouloir la prison. Les dirigeants ont changés le mal en bien et faire le bien est devenu une forme de menace pour nos dirigeants. Mêmes les leaders chrétiens ont décidé de fermer leur bouche au risque de voir leur église fermée.
    Merci Docteur Laurence NDONG pour cette analyse poignante.

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