Le Gabon en ruine : le régime de bongo ondimba ali (boa) s’en prend aux fonctionnaires et non aux vrais coupables

Dans un précédent article, j’ai fait état de la tragédie que vit le peuple gabonais à cause d’un système de prédation mafieux mis en place par le clan Bongo-PDG qui est à la tête du pays depuis plus de 50 ans maintenant.

La mal-gouvernance du pays fait qu’aujourd’hui, il est endetté à 64% de son PIB. Et, sous la pression du Fond Monétaire International (FMI), le gouvernement usurpateur est contraint de prendre des mesures pour redresser l’économie du pays, en d’autres termes, il doit appliquer un programme d’ajustement structurel.

Tout le monde sait que l’unique raison de la faillite du Gabon, ce sont les détournements de deniers publics perpétrés par la junte militaire[1] au pouvoir. Plutôt que de prendre des mesures visant à récupérer l’argent détourné d’une part et à réduire de façon drastique le train de vie de leur État d’autre part, les mesures d’austérité adoptées sont pour l’essentiel dirigées contre les fonctionnaires. Parmi les mesures adoptées lors du conseil des ministres du 21 juin 2018, il y a, entre autres, la réduction de la masse salariale de la fonction publique.

D’après Jean-Fidèle Otandault, ministre en charge du budget dans le gouvernement des putchistes, la réduction de 10% la masse salariale représente une économie de 70 milliards de FCFA par an. Ce qui signifie que la masse salariale actuelle s’élève à environ 700 milliards de FCFA par an. Entre-temps, les fonds politiques alloués à Bongo Ondimba Ali (BOA), le président de la junte au pouvoir, sont de 600 milliards de FCFA par an. Mais, personne n’en parle, d’une part.

D’autre part, leur gouvernement compte 40 ministres dont un ministre d’état, ministre de l’éducation nationale, un ministre d’état, ministre de l’enseignement supérieur, un ministre du travail, de l’emploi, chargé de la formation professionnelle. Il y a aussi un ministre des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat et un ministre de l’industrie et de l’entreprenariat national. Il y a encore un ministre de l’équipement, des infrastructures et des mines et un ministre du pétrole et des hydrocarbures. Je crois qu’en termes d’incongruités et d’incompétence on ne peut pas faire mieux.

Plutôt que de procéder à la réduction de ce gouvernement qui a pourtant été annoncée parmi les mesures d’austérités retenues lors du conseil des ministres du 21 juin 2018, c’est à jeu de chaises musicales auquel les gabonaises et les gabonais ont eu droit le 23 juillet dernier lors d’un remaniement ministériel qui n’était en fait qu’un règlement de compte entre les membres de la junte. Pendant ce temps, la décote des salaires des fonctionnaires est entrée en vigueur dans des conditions chaotiques qui feront l’objet d’un autre article.

Pour souligner une fois de plus les contradictions et les incohérences de la dictature qui pille le Gabon, au moment où ces mesures d’austérité ont été annoncées, BOA se trouvait en vacances à Marbella en Espagne. D’après le journal le SUN de Grande Bretagne, il a loué une villa à 22.000 dollars (environ 15 millions de FCFA) par jour pendant un mois, soit un total de 660.000 dollars (environ 450 millions de FCFA).

Dans le même temps, BOA ne s’est pas gêné pour se rendre trois fois en Russie suivre la coupe du monde de football. Même s’il a prétexté une rencontre avec Vladimir Poutine la veille de la finale, la raison de cette dernière était simplement fallacieuse : « célébrer l’anniversaire de la coopération entre le Gabon et la Russie ». Mais, ceux qui connaissent la passion[2] de BOA pour le football n’ont pas été dupes d’une part. D’autre part, quand on connaît le coût des déplacements présidentiels, voyager pour de tels raisons quand dans le même temps, on lance des mesures d’austérité dans son pays témoignage à la fois du cynisme et de l’inconsidération de celui qui pose de tels actes.

Pendant tout le premier mandat de BOA, il n’avait pas nommé un Vice-Président. L’année dernière, il en a nommé un. Concernant les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement usurpateur, ce monsieur a fait une déclaration dans laquelle il dit aux gabonaises et aux gabonais que s’ils veulent se révolter, ils doivent le faire contre eux-mêmes parce que tout le monde est responsable de la ruine du pays. La nature des propos et la désinvolture avec laquelle ce monsieur s’est exprimé étaient insultante pour le peuple gabonais. Un peuple volontairement précarisé par une oligarchie est rendu responsable de la misère qu’on lui impose. Et, quelques mois après sa nomination, le monsieur qui tient ce discours s’est offert une Bentley, le 02 Octobre 2017, pour la modique somme de 158.000 milles euros (103 millions de FCFA).

Pour sa défense, le monsieur dit, qu’à 66 ans, il avait pensé s’offrir une Bentley pour se faire plaisir, il ne s’attendait pas à ce que ça fasse autant de bruit. Il n’est pas à même de comprendre que, le problème n’est pas d’acheter une Bentley, mais avec quel argent l’a-t-il acheté. Habitué aux détournements de fonds, il ne comprend pourquoi, il est immoral, voire méchant d’acheter une voiture à ce prix-là avec l’argent du contribuable et rendre ceux que l’on a spolié responsable des conséquences de son vol.

Jusqu’au moment où j’écris ce billet, le gouvernement de BOA aucune mesure visant le train de vie de l’État n’est ni évoquée, encore moins mise en œuvre. Le discours ambiant est à l’encontre des fonctionnaires, comme si la masse salariale de la fonction publique était l’unique cause de la banqueroute de l’économie et des finances du pays.

Si le journal le SUN publie et s’indigne du coût des vacances de BOA c’est dire combien ses agissements sont choquants.

Le monde entier sait que l’immoralité, l’incompétence, la méchanceté du régime des bongo sont les seules responsables de la ruine dans laquelle se trouve le pays aujourd’hui.

Alors que les responsables de cette catastrophe l’assument. Les fonctionnaires ne seront pas leur souffre-douleur, ils ne paieront pas à la place de cette oligarchie dont l’élan à piller le pays, plutôt que de faiblir continue de s’accroître.  Sentant leur fin proche, ils volent comme jamais auparavant. Le bras de fer est engagé et nous savons déjà qu’ils ont échoué. Le peuple vaincra.

#Onnelâcherien

Références

http://www.gabonactu.com/communique-final-conseil-ministres-21-juin-2018/

http://www.gaboneco.com/mesures-d-austerite-le-gabon-essouffle-par-ses-dettes.html

https://afrique.latribune.fr/afrique-centrale/gabon/2018-07-07/gabon-le-ministre-du-budget-detaille-ses-mesures-d-austerite-interview-784419.html

https://afrique.latribune.fr/economie/conjoncture/2018-06-27/gabon-des-mesures-d-austerite-fortement-contestees-783233.html

 

[1] Bongo Ondimba Ali (BOA) est arrivé au pouvoir par des élections frauduleuses en 2009. Il a remis le couvert en 2016. A chaque fois, les populations sont sauvagement réprimées par les forces de l’ordre (ou du désordre c’est selon). Pour l’élection présidentielle du 27 août 2016, c’est une milice cagoulée qui a massacré les populations allant jusqu’à planifier et exécuter une attaque militaire sur des civiles non armés à l’intérieur du quartier général de l’opposant Jean PING qui a par ailleurs remporté ladite élection présidentielle. Le pouvoir de BOA ne repose que sur ces forces armées qui terrorisent, répriment à souhait quiconque ose s’opposer à lui.

[2] Cette passion pour le football a coûté au Gabon plus de 800 milliards de FCFA à travers l’organisation de deux coupes d’Afrique des Nations (2012 – 2017) au détriment des besoins primaires des populations.

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