Bongo ondimba ali (boa) arrivé au pouvoir au Gabon par des élections volées s’y maintient par la force de son armée. Son règne se caractérise par des détournements de fonds massifs, une répression accrue de toutes les manifestations. Et, en bon dictateur éclairé, distingué camarade président de son parti démocratique, il ne supporte pas d’être contrarié.

La chaîne de télévision France 2 a été suspendue pour un an par la Haute Autorité de la Communication le 22 août dernier suite à la seconde diffusion d’une émission Complément d’Enquête sur le clan bongo, une affaire française, le 16 août, la veille de la fête de l’indépendance du pays. Il a pourtant autorisé le tournage de cette émission et il y est lui-même interviewé.

Qu’est-ce qui a bien pu frustrer le despote pour qu’une telle décision soit prise ?

Mes frères ivoiriens disent « appareil photo fait pas magie, si tu te trouves laid sur photo c’est à toi-même qu’il faut s’en prendre. Appareil photo reproduit ton image ». Pour établir un parallèle avec cette situation, le reportage parle de boa, s’il s’est senti ridiculisé à qui la faute ? Que peut-on reprocher à ce reportage ? Où est le mensonge ? Qu’il a volé la dernière élection présidentielle ? Le décompte réalisé par les journalistes à partir des procès-verbaux de la province du Haut-Ogooué montre que la version officielle sur le taux d’abstention dans cette province est fausse. Donc, les résultats qui le donnent vainqueur de l’élection sont faux, s’il faut prendre un exemple. Autre exemple, boa a lamentablement échoué à l’examen du baccalauréat parce qu’il était un piètre élève ; interrogé sur la question, il reconnait qu’il n’était pas un élève très motivé, ce qui n’est rien d’autre qu’un aveu de la nullité qui était la sienne durant ses études.

Qu’est-ce qui est faux dans ce reportage ? Que le bilan de boa à la tête du Gabon est des plus calamiteux et qu’il brille par une incompétence jamais égalée ? S’il a à redire, qu’il saisisse la justice en France comme sa mère l’a fait au sujet du document sur les despotes housewives auquel elle a contribué pour ensuite s’opposer à sa diffusion.

Que boa sache que l’époque des histoires falsifiées est désormais révolue. L’époque de son père où on nous faisait lire à l’école une bande dessinée intitulée « Il était une fois Albert Bernard Bongo », un outil de propagande dans lequel, le jeune Bongo, personnage principal, était le plus intelligent, le plus beau, meilleur pêcheur, meilleur footballeur, celui que toutes les filles du collège convoitaient et à qui sa mère mettait des couches à sa naissance le 31 décembre 1935 à Lewaï, est loin derrière et n’existera plus jamais. Déjà à l’époque quand nous la lisions à l’école primaire nous étions morts de rire tant les histoires étaient invraisemblables et totalement absurdes. Enfants, nous savions que tout était faux. Son histoire à lui boa est sue de tous.

On ne vit pas pour paraître, mais pour être. Être ou ne pas être, c’est là la question comme disait William Shakespeare. Si bongo ondimba ali (boa) est déçu du portrait qui est fait de lui dans ce reportage, qu’il travaille pour être vraiment ce qu’il aurait voulu qu’on dise de lui. La censure ne changera rien à ce qu’il est. Il a eu l’occasion de changer positivement l’histoire de tout un pays et de redorer son image et celle de sa famille, il ne l’a pas saisie. Il a fait le choix de la continuité dans la gabegie, la fraude, le pillage des ressources, la prise en otage du peuple gabonais, bref, il a choisi de s’inscrire sur la liste de ceux qui finissent dans les poubelles de l’histoire. Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même et à ceux qui l’encouragent dans ce choix on ne peut plus funeste.

Il semblerait que cette décision soit le fait de l’un de ses vaillants soldats, le dénommé Ntoutoume Nkoghe Raphaël, président de la Haute Autorité de la Communication, qui a voulu dans un excès de zèle témoigner son fervent attachement et son entier dévouement à son distingué camarade président. Ce monsieur oublie que souvent, ce sont les vaillants soldats hyper zélés qui non seulement servent de fusibles aux despotes, mais ils sont souvent en pole position sur la liste de ceux qui les accompagne dans les poubelles de l’histoire.

La Haute Autorité de la Communication a aussi décidé de suspendre le journal Echos Du Nord pendant un mois pour avoir publié un article sur l’achat de véhicules de luxe par celui qui sert de vice-président à boa, un certain pierre-claver Maganga moussavou. Il a acheté avec l’argent du contribuable trois voitures de luxe pour un montant de 650 millions de FCFA soit un million d’euros. Les factures de l’achat de ces voitures ont circulé sur les réseaux sociaux, moi-même j’ai publié un article là-dessus sur mon site Internet parce que le monsieur qui pose de tels actes s’est permis dans une vidéo de rendre les gabonais responsable de la banqueroute dans laquelle se trouve leur pays, les exhortant à n’en vouloir qu’à eux-mêmes pour les mesures d’austérité, notamment la réduction des salaires imposée aux fonctionnaires.

Maganga moussavou n’a pas nié les faits qui lui sont reprochés. Bien au contraire, en guise de réponse il a dit qu’il pensait s’offrir paisiblement une bentley dans ses vieux jours, il ne s’attendait pas à ce que cela pose problème. Il s’est étonné de ce que la facture soit sur les réseaux sociaux et a promis demander des comptes à Bentley.

Dans un pays normal, ce monsieur aurait été poussé à la démission, mais dans le régime des bongo ondimba, les détournements de deniers publics sont des faits d’armes qui font de vous un vrai homme de pouvoir digne de leur confiance. Maganga moussavou  reste en place et le journal qui a révélé le scandale suspendu pour un mois. Ainsi va la démocratie des bongos ondimba en 2018.

Bongo ondimba ali (boa) confirme son statut de dictateur effronté. Il ne limite plus son autoritarisme au peuple gabonais, mais il s’en prend à qui il veut, convaincu qu’il restera impuni. N’a-t-il mis sur écoute les membres de la mission d’observation des élections de l’Union Européenne pendant l’élection présidentielle d’août 2016 ? N’ont-ils pas été menacés par son ministre de l’intérieur de l’époque, pacôme moubelet boubeya qui a ensuite été nommé ministre des affaires étrangères et dont l’une des premières missions a été de vouloir se rendre à l’Union Européenne, comme pour narguer cette institution? Jusqu’aujourd’hui les résolutions votées par le Parlement Européen demandant des sanctions contre son régime sont toujours en attente d’exécution. Alors, le boa se croit tout permis, il est intouchable ; il peut s’en prendre à qui il veut comme il veut, même si, dans le cas présent, de pas diffuser France 2 au Gabon, est une décision des plus absurdes comme ils savent les prendre. La chaine existe sur Internet. Et pour reprendre les propos d’une amie, à quoi sert-il de fermer l’écurie quand le cheval est déjà sorti et que celui qui le chevauche en détient les clés ?

Dès le lendemain de leur annonce, Donation Lemaître, l’un des réalisateurs du documentaire a publié sur son compte Twitter le lien Internet sur lequel l’émission peut être regardée gratuitement autant de fois qu’on le souhaite. France 2 a programmé une rediffusion le 31 août à 00h30, la date et l’heure de l’attaque du quartier général de Jean Ping, l’opposant qui a remporté l’élection présidentielle en 2016.

C’est en effet, le 31 août 2016 à minuit que la milice de boa a attaqué le QG de Jean Ping, une attaque militaire sur des civils non armés, raison avancée: les partisans de Jean Ping auraient incendié le siège de l’Assemblée Nationale en début de soirée. Donc sous les bongos ondimba, pas besoin de diligenter une enquête pour identifier les causes et les éventuels coupables de dudit incendie. Les partisans de Jean Ping ont été immédiatement accusés et une expédition punitive envoyée venger un bâtiment vide en massacrant des centaines de vies humaines dont celles de nombreux jeunes. Et pensant faire disparaître ce massacre de l’histoire, les dépouilles de nos compatriotes ont été enlevées, emportées on ne sait où ; il paraît qu’il y aurait des fosses communes à Libreville, d’après un rapport transmis à la Commission des Droits Humains des Nations Unies.

Cet acte qu’ils pensaient consolidateur de leur régime est en réalité celui qui en sonnera le glas parce que pour ceux qui sont tombés ce 31 août 2016, d’abord dans l’après-midi puis au QG de Jean Ping, nous ferons ce qui n’a jamais été fait pour obtenir ce que nous n’avons jamais obtenu, c’est-à-dire la chute de cette dictature.

Ce 31 août 2018, nous serons devant France 2 entrain de regarder ce reportage de Complément d’Enquête qui rappellera au monde entier le drame que bongo ondimba ali (boa) et ses sbires font vivre à notre pays et que le 31 août 2016, des êtres humains ont été massacrés par un régime mafieux et nauséabond piloté par des hommes sans foi ni loi, ni scrupule ni dignité pour qui seuls le pouvoir et l’argent comptent. Quel bel hommage pour nos martyrs !

#Onnelâcherien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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