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Ils pensaient nous mettre à terre mais ils nous ont mis debout et nous le resterons jusqu’à ce qu’eux soient définitivement à terre ! Nous ne lâcherons rien !!

31 août 2016 – 31 août 2018, deux ans qu’a eu le lieu le cinquième coup d’état militaro électoral perpétré par le système bongo-PDG contre le peuple gabonais.

Le père omar bongo ondimba était arrivé au pouvoir par une manipulation de la constitution en 1967. Dans la foulée, il avait établi un parti unique le PDG, un parti censé être démocratique, mais qui n’était qu’un outil pour faire asseoir une dictature qui sera l’une des plus dévastatrice au monde, pour ce qui concerne le pillage des ressources d’un État et le détournements des deniers publics. Pour exemple, il avait exigé de la compagnie française ELF qui exploitait le pétrole du pays que 18% des recettes lui soient  reversées, à titre personnel. ELF prélevait 57% des recettes, omar bongo ondimba prenait 18% et l’État gabonais 25%. Il percevait en plus de la part de ELF 10 millions de dollars tous les trimestres et tout ça a duré plus de 40 ans. Sans oublier que les 25% réservés à l’État gabonais faisaient l’objet d’un pillage inouïe de sorte qu’aujourd’hui, les bongo ondimba sont immensément riches tandis que les deux tiers des gabonais vivent en dessous du seuil de pauvreté et le pays manque de tout.

Après l’instauration du multipartisme en 1990, les gabonaises et les gabonais avaient cru que la démocratie s’installerait, mais il n’en a rien été. La dictature est passée maîtresse dans l’art de détourner les élections. Omar bongo ondimba n’avait-il pas dit « on n’organise pas une élection pour la perdre » ? Alors pour être certain de toujours gagner, la machine électorale a été pipée : fausses listes électorales, achats des votes, bourrage des urnes, faux procès-verbaux, remplis à l’avance ou simplement raturés après le vote, un procès-verbal raturé étant simplement invalidé sans que le vote ne soit repris. Vous comprenez déjà que c’est dans les bureaux de vote où le vote était en faveur de l’opposition que les procès-verbaux avaient le plus de ratures. Et comment cela était-il possible ? Les présidents des bureaux de vote étaient et c’est toujours le cas, des fonctionnaires du ministère de l’intérieur aux ordres de la dictature. Ils sont nommés longtemps à l’avance et ont donc le temps de préparer tout ce qu’il faut pour effectuer les passages en force.

Au cas où la fraude en amont des élections aurait pu s’avérer infructueuse ou très compliquée, omar bongo ondimba avait placé à la tête de la cour constitutionnelle, chargée de valider les élections, sa maîtresse de toujours, marie madeleine mbouratsouo dont la seule raison d’être sur Terre est la perpétuation du régime des bongo ondimba au Gabon. Cette dame est à ce poste depuis près de 25 ans.

Le scénario était bien huilé : élections – fraude- contestation des populations-répression-dialogue d’union nationale sans que le vol de l’élection, ni la répression ne soient remis en cause – redistribution des rôles entre le pouvoir usurpateur et une opposition souvent complice puisque finissant par jouer ce jeu à merveille.

L’élection présidentielle du 27 août 2016 n’a pas échappé au scénario. Dans un post publié sur Facebook le 27 juillet 2016 et dans une vidéo (ci-contre) mise en ligne le 3 août 2016, j’attirai l’attention des acteurs politiques et du peuple gabonais sur le fait que bongo ondimba ali (boa) n’allait pas déroger à la règle. Il allait se proclamer vainqueur et mettre l’armée dans la rue. D’ailleurs, durant l’année 2016, les budgets de tous les ministères avaient été réduits et de beaucoup, le seul budget en hausse était celui de la défense, une augmentation de 19%. Ce budget était le double de celui de l’Éducation nationale. Des armes avaient été achetées, des miliciens recrutés. Tous les documents relatifs à ces actions étaient disponibles sur les réseaux sociaux.

Lorsque je parlais de répression, je les savais capables d’ouvrir le feu sur des manifestants, ils l’avaient déjà fait auparavant et notamment en 2009 lors du premier coup d’état militaro-électoral de boa. Mais, je n’avais pas imaginé que boa et les siens, pacôme moubelet boubeya, aboghe ella, marie madeleine mbourantsouo, alain-claude bilié-by-nze, opiangha, frédéric bongo, ali akbar onanga y’obeghe, arnaud engandji, pour ne citer que ceux-là avaient décidé d’installer au Gabon un climat de terreur comme jamais auparavant. Ils avaient planifié une attaque militaire sur des civils non armés dans le quartier général de Jean Ping, l’opposant qui a remporté cette élection.

Le 31 août 2016, la date fatidique où pacôme moubelet boubeya a annoncé les faux résultats, la population est descendue dans la rue et l’exécution de leur plan macabre a commencé. Leur milice a ouvert le feu sur les manifestants, les a bombardés avec de l’eau chaude. L’horreur ne faisait que commencer.

Tout était prévu à l’avance. Une de mes amies m’a dit qu’un de ses collègues, très proche de pacôme moubelet boubeya l’a appelée vers 22h00 pour vérifier qu’elle se trouvait au QG de Jean Ping. Il lui a demandé de quitter immédiatement les lieux au cas où elle s’y trouvait. Mais heureusement pour elle, un problème de dernière minute l’avait retenu chez d’autres amis. Plusieurs témoignent avoir reçu ce genre d’appel ce soir-là. La suite on la connaît, la milice a débarqué à minuit, coupé l’électricité, condamné le portail pour s’assurer que personne ne puisse s’enfuir et le massacre a commencé. Des assassinats de sang-froid, des viols, des tortures. Pour tenter d’effacer leur méfait, les dépouilles ont été enlevées et emportées on ne sait où. Jusqu’aujourd’hui, il y a des familles qui cherchent encore leurs membres.

Cette nuit-là j’étais rentrée très tard chez moi aux environs d’une heure du matin, après avoir parcouru les médias toute la journée et avoir été l’invitée du JT de France 24 de 22h45. Mon téléphone a commencé à sonner avec insistance vers 3h00 du matin, quand je l’ai regardé, j’avais 11 appels en absence dont plusieurs de mes amis Mays Mouissi et Gloria Mika. J’ai rappelé Mays, et là il m’a annoncé que le QG de Jean Ping était entrain d’être bombardé. Le temps d’intégrer ses propos, je vois un appel du Gabon, je laisse Mays pour prendre l’appel du Gabon, au bout du fil mon amie Lennie qui m’annonce elle aussi l’attaque du QG, elle s’y trouve. Encore un autre appel, cette fois c’est une femme d’un certain âge, plus de 65 ans, Maman Christine, qui murmure « ma fille, je suis au QG de Jean Ping, on nous tue ici » et là j’entends le bruit de l’hélicoptère, les coups de feu, les obus qui tombent, les cris de mes compatriotes, puis les silences ». Impuissante, ne sachant que faire, j’ai envoyé un message à tous les journalistes dont les numéros étaient dans mon répertoire pour leur annoncer ce qui se passait. C’est Pauline Simmonet de France 24 qui m’a répondu à 4h du matin me disant qu’elle avait bien reçu mon message.

Alors quand pacôme moubelet boubeya donne une conférence de presse pour dire que cette attaque n’a jamais eu lieu, je réalise à quel point mon pays est entre les mains de psychopathes. Il a même oublié que sur le plateau de TV5 Monde Afrique, une semaine plus tard, dans un débat face à moi, arnaud engandji actuel ministre de l’égalité des chances et des gabonais de l’étranger avait reconnu cette attaque et l’avait justifiée par l’incendie présumée du bâtiment de l’assemblée nationale par les partisans de Jean Ping. Ce à quoi j’avais répondu que dans un État de droit, on diligente une enquête pour élucider les causes de l’incendie et les éventuels coupables. Le Gabon n’est donc pas un État de droit. boa et les siens y vont ce qu’ils veulent quand ils veulent, n’ayant de comptes à rendre à personne. Et comment comprendre que dans un État, ceux qui gouvernent décide de venger un bâtiment vide incendié en massacrant des vies humaines ?

Une mutinerie a eu lieu à la prison centrale de Libreville, cette nuit du 31 août 2016, là aussi environ une centaine de prisonniers ont été simplement abattus. Parmi eux, il y avait un jeune homme de 16 ans, incarcéré pour un larcin. Ses parents se battaient pour le sortir de là, on les a appelés pour qu’ils aillent récupérer la dépouille de leur enfant. Elle était criblée de balles. Limite on leur a demandé d’être reconnaissant parce qu’au moins ils pouvaient offrir à leur fils une sépulture, ce qui n’était pas le cas des autres prisonniers abattus. A la demande du père de cet enfant, je lui ai promis de toujours parler de son fils à chaque fois que l’occasion se présentera.

Les massacres ce sont poursuivis au-delà du 31 août, tout comme les arrestations arbitraires. Bertrand Zibi Abeghe arrêté le matin du 1er septembre au QG de Jean Ping est toujours en détention provisoire, cela fera deux ans demain.

Avec un tel régime, il n’y pas de discussion possible. Ce régime a plus que confirmer ce constat fait par Gene Sharp, « une dictature ne tombe pas par des élections ». Une élection en dictature est taillée sur mesure pour que la dictature se maintienne et surtout pour qu’elle se donne un visage de démocratie comme si cette dernière ne se résume qu’à l’organisation d’élections.

L’élection présidentielle d’août 2016 a été le terminus. Il est impératif de rompre avec le cycle des élections volées.

Dans une tribune de Jacques Attali parue dans le Journal L’Express du 29 août 2018, intitulé : « Comment faire s’effondrer une dictature ? », il dit ceci : « L’Histoire nous apprend que les dictatures s’effondrent dans trois cas : si le peuple n’a plus peur qu’on lui tire dessus et vient envahir les palais des puissants, comme ce fut le cas en Roumanie ; si les puissants eux-mêmes décident de ne plus tirer sur leurs habitants, comme on a pu l’observer en Union soviétique ; ou enfin si une invasion venue de l’extérieur aide une résistance intérieure à en finir avec les tyrans.  Un embargo ne suffit pas, par lui-même, à y parvenir. » Il rejoint là les propos de Gene Sharp, Sdrja Popovic et tous ceux qui ont travaillé sur la chute des dictatures.

Pour toutes les victimes, celles qui ont été identifiées et celles qui ne l’ont pas été, celles dont les dépouilles sont semble-t-il dans des fosses communes, celles qui ont été violées et qui continuent de souffrir en silence, nous continuerons la lutte. Nous sommes de ceux qui n’ont pas le courage de se taire alors, on conteste et au-delà de la contestation, nous avons un rêve, un projet pour notre pays parce qu’il a de dignes fils et filles capables de faire de lui l’eldorado, le havre de paix qu’il aurait dû être depuis toujours.

Voici les noms des quelques victimes qui ont pu être identifiées.

Parce qu’ils sont tombés, nous resterons debout jusqu’à ce que cette dictature tombe à son tour. Il n’y pas de puissance contre la vérité, il n’y en a que pour la vérité. Et peu importe la durée de la nuit, le jour finit toujours par se lever. Et pour nous, nous apercevons déjà l’aurore qui se lève pour que le temps rêvé par nos ancêtres arrivent enfin chez nous et qu’aux yeux du monde et des nations amies, le Gabon immortel soit digne d’envie.

#Nousnelâcheronsabsolumentrien.

Références :

Gene Sharp, 1994. De la dictature à la démocratie. https://www.aeinstein.org/wp-content/uploads/2013/09/FDTD_French.pdf

Gene Sharp. La force sans la violence. https://www.aeinstein.org/wp-content/uploads/2013/09/TARA_French.pdf

Jacques Attali, 2018. Comment faire s’effondrer une dictature ? » https://www.lexpress.fr/actualite/monde/comment-faire-s-effondrer-une-dictature_2032073.amp.html?__twitter_impression=true

www.mays-mouissi.com

Sdrja Popovic, 2015. Comment faire tomber un dictateur quand on est seul tout petit et sans arme ». https://www.amazon.fr/Comment-faire-tomber-dictateur-quand/dp/2228913758

https://www.ted.com/talks/srdja_popovic_how_to_topple_a_dictator?language=fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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