Dirigeants africains face au coronavirus: chacun pour soi, la mort pour tous.

La situation des populations africaines relève de l’incongruité et du paradoxe ; elles vivent dans une pauvreté et une précarité croissante dans des pays riches en matières premières et en ressources naturelles. En effet, la population vivant sous le seuil de pauvreté (1,25 USD par jour) a doublé sur le continent au cours des cinquante dernières années.

Alors que la pandémie du Covid-19 envahit le monde, les systèmes de santé des pays africains sont dépourvus de tout et ne peuvent faire face à la crise sanitaire. La mauvaise gouvernance a mis ces pays dans un état de déliquescence. A l’examen des équipements disponibles, le nombre de respirateurs artificiels est très limité et cela est extrêmement préoccupant quand on sait que la forme sévère de cette infection nécessite que les patients soient placés en réanimation, sous respirateurs artificiels.

La France par exemple, pour une population de 66 millions d’habitants, disposait avant la crise de 4000 lits de réanimation et au regard de la dangerosité et de la vitesse de propagation du COVID-19, des dispositions ont été prises pour augmenter les capacités sanitaires à 14000 lits de réanimation afin de faire face.

Dans le même temps, en Afrique depuis la détection des cas zéros dans les différents pays, les communications officielles se contentent de lister le nombre de contaminés et le nombre de décès. Mais, aucun état des lieux n’est fait sur les capacités d’accueil et de prise en charge dans les hôpitaux. Le nombre de lits de réanimation et de respirateurs artificiels demeurent donc inconnu.

La défaillance des systèmes de santé est telle que, une fois de plus, les pays du G7 l’ont évoquée au cours d’une récente réunion. Mais à ce jour, aucune discussion officielle entre les présidents africains pour faire face à cette crise ne s’est tenue. Au sens des mesures prises, certains pays africains comme le Gabon, plutôt que de fermer les frontières aériennes avec la France d’où provenaient tous les premiers cas de contamination, les ont plutôt fermées avec les pays voisins. Un paradoxe, quand on sait que ces derniers ne présentaient aucun cas de contamination pour certains et pour ceux qui en avaient, ils se comptaient sur les doigts d’une main.

Face au COVID-19, les mesures annoncées par les gouvernements ont de quoi nous laisser perplexes. Elles suscitent des interrogations car l’enjeu ce n’est pas l’annonce des mesures, mais plutôt l’effectivité de leur mise en œuvre. Mais quand on sait que les gouvernements africains éprouvent des difficultés à honorer leurs engagements, au regard de l’état des finances publiques, du fait des crises successives et d’une gouvernance calamiteuse, la grande interrogation est de savoir si les fonds annoncés pour financer ces mesures sont réellement disponibles ?

Le 3 avril dernier, les autorités gabonaises ont annoncé une série de mesures, parmi lesquelles la gratuité des loyers, de l’eau et de l’électricité. Consultée sur la mise en place de cette mesure, après son annonce, la Cour Constitutionnelle a répondu, je cite « Pour instaurer temporairement la gratuité des loyers dans le cadre des mesures d’accompagnement rendues nécessaires par la pandémie du COVID-19, le Gouvernement doit prendre les actes règlementaires, notamment celui qui crée la dépense de l’État, celui qui indique les bénéficiaires et celui qui détermine la compensation à verser aux bailleurs concernés ». Voilà une mesure dont la mise en œuvre est déjà compromise.

En définitive, la gestion d’un État implique la vie des millions de personnes, mais depuis des décennies, les dirigeants africains semblent l’ignorer et ce en dépit des différents changements qui s’opèrent dans le monde. Ils semblent refuser de comprendre que leur principal rôle est d’assurer le bien-être des populations. Ils n’ont pas développé de système de santé chez eux préférant aller se soigner en Occident. Ils sont désormais contraints, avec les fermetures des frontières de plusieurs pays de destination médicale, de se soigner localement avec leurs proches, dans les hôpitaux qu’ils ont refusé de construire ou d’équiper, et pour une fois, ils seront sur le même pied d’égalité que leurs compatriotes.

#OnNeLâcheRien.

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